
« J’ai enfin l’impression de me rendre utile »
Sur une table, Christiane s’emploie à fermer un carton plein de produits pour bébé avec une grosse bande adhésive. C’est la deuxième fois qu’elle vient aider au centre de tri, après avoir vu un appel à bénévoles sur les réseaux sociaux. Approchant de la retraite, elle avait envie de se lancer dans le bénévolat. Alors, quand elle a su qu’elle pouvait aider, elle n’a pas hésité bien longtemps. « La situation interpelle et puis on se dit que ça pourrait nous arriver, on se met à la place du prochain. » Ce sont les mêmes raisons qui ont poussé Mina à rejoindre l’équipe la semaine dernière. « Je cherchais à apporter mon aide. J’ai fait quelques recherches et j’ai vu qu’il y avait un centre de tri ouvert juste à côté de chez moi. Je suis venue un matin et depuis je viens quasiment tous les jours, dès que je suis disponible. Ça me plaît d’être ici », explique la jeune mère de famille. Ce n’est d’ailleurs pas sa première expérience en tant que bénévole. Les problématiques sociales, ça lui parle : « J’ai œuvré pour des associations en faveur de l’alphabétisation et de l’insertion. Dans ma famille, la solidarité est une valeur forte et j’essaie de transmettre cela à mes enfants », développe-t-elle. « Je suis agréablement surprise face à cette vague de générosité, ça met du baume au cœur. »

Aider les ressortissants sur place
Depuis les premiers appels lancés par les associations et les collectivités au lendemain de l’invasion russe en Ukraine, les dons affluent de toute la région messine, mais aussi de partout en Moselle. « On recevait trop de dons et à n’importe quel moment, détaille Marie-Reine Marcel. Désormais, pour une meilleure organisation, les dépôts se font uniquement le lundi, le mercredi et le vendredi. » Les vêtements font partie des plus gros arrivages. « On en reçoit des tonnes, c’est affolant. Certaines personnes en profitent pour vider leurs placards. Une fois, on a retrouvé un dentier dans la poche d’un manteau », lâche la coordinatrice du centre dans un rire, avant de contrebalancer ses propos : « Ce serait bien que les personnes fassent attention tout de même, c’est une question de respect ». Les bénévoles appellent même les particuliers à stopper les dons de vêtements, trop nombreux, au profit de produits hygiéniques, matériels de soin et médicaments. Une fois le tri effectué, le reste dépend de la Protection civile qui chapeaute la logistique et l’expédition des dons. Des camions viennent régulièrement charger les palettes, direction les différents centres logistiques de la Protection civile, notamment celui de Strasbourg, avant de partir en Ukraine ou dans les pays limitrophes. Une organisation que regrette Marie-Reine Marcel, qui aimerait pouvoir apporter quelques cartons aux associations locales. « Il y a plein de réfugiés qui arrivent chaque jour en Moselle. Ces personnes sur place ont aussi besoin de ces dons. Malheureusement, nous n’avons pas la main là-dessus. »