

« Cannes, Bruxelles, Paris… »
En 2014, Jérôme End prend la municipalité de Vic-sur-Seille, battant le maire sortant, soutenu par… Philippe Leroy. « J’ai tué le père comme on dit souvent en politique. » Ça ne l’empêche pas aujourd’hui de saluer l’action de celui qui a tracé le sillon de Vic, forçant aussi ses successeurs à maintenir un certain niveau d’ambitions. Jérôme End en est l’incarnation, tout fier de nous présenter son exposition Louis de Funès. 10 000 visiteurs au compteur pour cette expo qui après Cannes, Paris et Bruxelles s’est donc installée à Vic-sur-Seille, 1 300 habitants. Où décidément rien ne se passe comme ailleurs. Pas plus fan de Louis de Funès que ça, Jérôme End a senti qu’en allant chercher cette exposition, il y avait un gros coup à jouer. « En Moselle, c’est l’événement culturel de l’année », estime-t-il. Le coût est énorme : 200 000 euros financés en très grande majorité par la commune, avec l’aide de la Région Grand Est et de la Communauté de communes du Saulnois. Une exposition qui se déploie dans l’hôtel des Carmes dont Philippe Leroy a entamé la rénovation, que Jérôme End a achevée. « C’est moi qui ai terminé le travail. » L’acoustique a été modifiée, des gradins ajoutés, ainsi qu’un écran numérique qui permet à la salle d’accueillir du théâtre, des concerts, du cinéma. Une fois les travaux passés, Jérôme End a estimé qu’il fallait faire quelque chose de tout cela. Une première exposition baptisée Du Big Bang à l’Homme est organisée. Durant cinq semaines, elle accueille 1 200 scolaires.
« Pas un village mais une cité »
Louis de Funès prend le relais. Une idée qui vaut au maire d’être moqué par certains. « J’ai entendu des remarques du style : “On passe de Georges de La Tour à De Funès”… » Qu’importe. Lui se passionne pour cette expo et ce sujet. « Je suis comme ça. Je vis les trucs à fond. Quand j’étais vice-président du Département en charge de la petite enfance, j’étais incollable sur les couches lavables », raconte Jérôme End. À plusieurs reprises, il s’est lui-même chargé de la visite de l’exposition et connaît par cœur la chorégraphie de Rabbi Jacob. « Louis de Funès va me manquer. Il m’habite tous les jours », confie-t-il. La vraie barbe de Rabbi Jacob retrouvera bientôt les cartons. L’exposition quittera Vic-sur-Seille le 29 mai. Avant cela, elle aura vécu un week-end particulier puisque le village accueillera la 9e fête des vins de Moselle le 14 mai. Le rendez-vous du Département repasse par là pour la deuxième fois après une première gorgée en 2014. « Sur la route des vins, Vic a un statut un peu particulier pour ne pas dire isolé. Nous sommes les seuls dans le Sud. Comme l’organisation de la fête des vins tourne dans tout le département, c’est normal que l’on soit à nouveau sollicité », explique le maire. À une époque, Vic-sur-Seille était entouré de 550 hectares de vignes. Ils sont aujourd’hui 8,5 avec un potentiel de 19 en AOC, répartis entre six vignerons, à des statuts différents de leur carrière. « Nous sommes une cité viticulturelle », qualifie Jérôme End, heureux de sa trouvaille qu’il compte bien faire fructifier. D’ailleurs, ici, Vic n’est pas un village mais une cité. « C’est peut-être une coquetterie, un héritage aussi qui nous vient de notre histoire. Quand les évêques ont été chassés de Metz par la bourgeoisie, c’est ici qu’ils se sont réfugiés. » Nourrissant l’histoire de Vic-sur-Seille, forgeant son caractère si particulier.