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Corde sensible : Grégoire Ichou, ténor-conférencier et drag-queen
Passionné de musique et d’art, Grégoire Ichou fait résonner les plus grandes œuvres grâce à la puissance du chant lyrique à travers des visites chantées. Ténor-conférencier hors des codes, il se révèle également sous les traits de son alter-ego, la drag-queen Élysée Moon, et réussit le pari de faire converger les deux univers. Il sera à Nancy en avril et juin.
Il y a deux ans, le jeune homme découvre un nouvel espace d’expression : le drag. Un moyen original de faire converger ses passions. « J’avais besoin d’un espace de créativité plus libre que les visites chantées. Il y a quelque chose de très libérateur dans cet art. » Avant de se lancer, Grégoire Ichou était déjà attiré par cet univers. « Déjà en tant que spectateur je ressentais quelque chose de puissant en regardant des shows de drag. » Il se révèle alors sous les traits de son double, Élysée Moon, reconnaissable à son maquillage signature : des sourcils très prononcés dont un en forme d’éclair. « Mon premier maquillage était très moche », se souvient-il en riant. Si ce pseudo vous fait penser au nom d’Élie Sémoun c’est normal puisqu’il s’agit d’un jeu de mots en référence à l’humoriste. « Ado, on me disait souvent que je lui ressemblais. Autre similitude, mon père est né dans la même ville que sa mère, Tlemcen, en Algérie. » Élysée, c’est aussi un moyen de revendiquer la portée politique du drag, en référence au palais gouvernementale, lieu de pouvoir. « Moon, c’est une référence à mon grand-père maternel qui était astrophysicien et qui fut l’un des premiers à analyser un échantillon de lunaire. »
Si beaucoup de performeurs aiment jouer sur le côté sexy et glamour Élysée Moon affiche un look plutôt androgyne et se sent tout aussi à l’aise dans une robe qu’une paire de shorts ou une combinaison. « Je ne cherche pas à ressembler à une femme, au contraire. L’intérêt du drag c’est qu’on peut le pratiquer de manière diversifiée. Quand je mets une robe bustier, je ne cherche pas à cacher mes poils sur le torse. J’aime jouer sur l’ambiguïté des genres. »
Mariage des arts
Surprenant comme mariage ? Pourtant, de l’opéra au drag, il n’y a qu’un pas. Le travestissement s’inscrit en effet dans une longue tradition artistique. « Dans la tradition classique, certains rôles masculins à l’opéra sont conçus pour être joués par des femmes, comme le personnage de Chérubin dans “Les Noces de Figaro” par exemple, et inversement. Ça n’a jamais choqué personne. Pourtant, ce même public pourra trouver dérangeante la pratique du drag. » Malgré les idées reçues, il réussit le pari de réunir ces deux arts sur une même scène. Ce qui n’était pas gagné d’avance. Une fois encore, l’envie de faire tomber les barrrières et de se sentir un peu plus en phase avec soi-même a pris le dessus. Accompagné du metteur en scène Vincent Pavageau et de Vincent Buffin à la harpe, Grégoire Ichou imagine le spectacle « Achevons la métamorphose » dont le personnage principal n’est autre qu’Élysée Moon. Un duo atypique pour un récital flamboyant. « Certains vont venir intéressés par le côté opéra et d’autres attirés par l’aspect drag. » Et les retours sont à chaque fois très positifs. « Je suis assez fier d’avoir pu réunir ces spectateurs dans une même salle. » Un joli tour de force. Le spectacle a immédiatement reçu un accueil favorable du public et de la critique. Autre particularité de cette performance, Grégoire Ichou y interprète des chansons traditionnellement chantées uniquement par des femmes. « Des partitions que j’ai toujours rêvé de chanter sur scène. C’était le fil conducteur de départ. Puis, au fur et à mesure de la construction du scénario, l’idée qu’Élysée en devienne le personnage principal est apparue comme une évidence. » Mais les débuts n’ont pas toujours été faciles et le jeune artiste avait quelques appréhensions avant de se lancer. Notamment d’un point de vue professionnel. Il admet tout de même avoir vécu quelques expériences désagréables et recevoir beaucoup de haine du fait de cette activité. « Prendre ce risque, c’est mon engagement à moi, à mon humble niveau. »
Visites chantées du musée de l’École de Nancy, samedi 15 juin. Sur réservation à resta.nancymusees@nancy.fr ou au 03 83 85 30 01.
Son livre
« Toutes les pièces de Jean-Luc Lagarce, un auteur de théâtre que j’adore. »
Son opéra
« Les dialogues des carmélites de Francis Poulenc. Tout simplement car il s’agit de mon compositeur préféré. Il y a quelque chose dans sa musique à hauteur d’Homme, d’humble et d’une grande puissance émotionnelle. Ça me parle très intimement. »
Son film
« A Star is Born, mais pas la dernière version avec Lady Gaga. Celle de 1954 avec Judy Garland. D’abord, parce que c’est un film musical et que je suis un fan de comédies musicales. Les chansons du film sont très belles. Ensuite, parce que j’admire Judy Garland qui fait partie des grandes figures américaines de la comédie musicale. »
Son endroit
« Dans le sud du Finistère où je me rends depuis que je suis enfant. j’ai plein de très bons souvenirs liés à cet endroit. »
Son musée
« Le musée de l’École de Nancy, un lieu que j’apprécie particulièrement. C’est un établissement à taille humaine, avec de très belles collections, où on peut prendre le temps d’admirer les œuvres sans se presser. Il n’y a pas ce côté écrasant que peuvent dégager certains grands musées comme le Louvre. »