Avec MarcLavoine, Marie-Josée Croze, James Thiérrée, Rufus,Carlo Brandt, Georges Babluani, Thomas Baumgartner.
A « liberté », on a envie d’ajouter « j’écris ton nom », comme le poète Paul Eluard. Tony Gatlif a puisé son scénario dans les souvenirs d’Yvette Lundy. Elle a été institutrice dans un village bourguignon, dans la zone occupée par les Allemands pendant la Seconde Guerre mondiale, et elle s’évertua de venir en aide aux gens du voyage. Dans le film, elle devient Mademoiselle Lundi tout simplement. Elle tient l’école, réduite à une classe unique, et assume le secrétariat de la mairie. Théodore est le maire. Vétérinaire de profession, il a l’occasion de rencontrer une tribu de Tsiganes, venus s’installer à l’orée du village pour faire les vendanges. Théodore et l’institutrice choisissent d’être des « justes » : aider et protéger les Tsiganes, harcelés par les forces d’occupation, les gendarmes français qui redoublent de zèle et quelques miliciens. Aux quelques villageois qui sont étonnés par son action, Théodore explique que « c’est pour faire quelque chose, juste quelque chose ».De la devise républicaine, Tony Gatlif avantage la liberté. Il la filme comme s’il la chantait et la dansait. Sa partition multicolore regorge de vie, d’humour, d’émotion et de musique. Le contexte historique passe par moments au second plan.

Marc Lavoine et Marie-Josée Croze campent les deux Justes avec une profonde authenticité. Après « L’Armée du crime » et avant « La Rafle », il est nécessaire d’honorer « Liberté », un des meilleurs Tony Gatlif.
Cet article est paru le 4 mars 2010 dans l’hebdomadaire La Semaine n° 259. Pour lire le journal dès sa parution, abonnez-vous !