
Esprit de compétition
Venir à Agrimax, c’est l’assurance de se confronter à des bêtes de concours, des vraies, dans chacun des pôles représentés : bovins, ovins, avicoles et même équins. L’année dernière, alors que c’était la race charolaise qui était la vedette, certaines vaches, comme Joviale, flirtaient avec les 1 500 kg à la pesée ! C’est surtout ça Agrimax. Un grand espace compétitif, dans lequel chaque animal est programmé pour gagner. « Les bêtes sont préparées pendant toute l’année comme des sportifs de haut niveau », lance Michel Coqué. « C’est ici que l’on voit les plus beaux bestiaux de la région. La Lorraine est une terre d’élevage », rappelle Xavier Lerond.
Remporter une épreuve, c’est l’assurance d’augmenter la cote de la bête mais aussi de l’ensemble de l’élevage concerné. Décisif. Parce qu’à Agrimax, des acheteurs venus de toute la France mais aussi des pays limitrophes peuvent casser la tirelire pour les animaux dont le capital génétique est le meilleur, afin de les ramener dans leurs propres cheptels pour des questions de reproduction.

Présentation de nouveaux produits
La saveur de cette édition d’Agrimax est particulière. Guerre en Ukraine, sécheresse et crise de l’énergie ne laissent que des miettes à la filière agroalimentaire. Aujourd’hui, l’élevage Brier, qui achète des bovins afin de les engraisser pendant huit à neuf mois avant de les revendre, accuse le coup. L’entreprise mosellane peut acquérir ses bêtes contre 1 350 euros en moyenne quand le prix ne dépassait pas 1 050 euros il y a encore quelques mois. « On est bien obligé de répercuter ça sur nos propres prix de vente. On a conscience que ça peut devenir problématique pour les clients dans les magasins », déplore celui qui a procédé à une augmentation de ses tarifs d’environ 15 %. Dans ce contexte, Agrimax est une véritable bouffée d’oxygène, une occasion de rompre avec un quotidien tourmenté. D’ailleurs, l’élevage Brier en profitera pour officialiser deux nouveaux produits qui intégreront sa gamme dès la sortie du salon : des boulettes de viande pur bœuf ainsi qu’un steak haché surgelé. « La plus-value que l’on apporte à nos steaks, c’est qu’on les fabrique avec des muscles de la bête et non pas à partir des chutes de viande », présente l’engraisseur. « Tout coûte cher. La meilleure réponse, c’est de continuer de montrer ce que l’on est capable de faire. Il faut continuer de vivre », ponctue Xavier Lerond.
À ne pas manquer
Jeudi 27 octobre, la journée est consacrée à la laine sous toutes ses formes : de la tonte à la transformation en passant par le tri. Une trentaine de tondeurs s’affronteront. Les acteurs de la filière et organisateurs souhaitent faire de cet événement un test grandeur nature pour un futur concours national qui prendrait place à Metz. Vendredi 28 octobre, une vente aux enchères de 200 béliers se tiendra au salon. « Un moment très impressionnant », promet Michel Coqué. D’autant que Metz est devenue, au fil des années, une place forte de l’exercice à l’échelle nationale.Reconnaissance présidentielle
Cette année, le Vase de Sèvres, qui correspond au prix du président de la République, ira à un représentant du pôle aviculture (lapins, volailles, pigeons). Haute distinction, la remise de ce prix est loin d’être anecdotique, comme l’explique Michel Coqué : « On a dû faire la demande au gouvernement. Le Vase de Sèvres peut même être apporté par un cortège de motards, doit impérativement être remis par un représentant de l’État. Le lauréat est aussi obligé d’être présent physiquement. »La race limousine en chiffres
1,13 million de vaches ; 30 000 élevages en France ; 1re race à l’export et 2e race allaitante en France ; 3 caractéristiques : instinct maternel, rusticité, longévité.