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Grand Nancy Métropole : 50 ans de politique et la vie d'après selon André Rossinot
A l’occasion de son numéro 500, La Semaine a demandé au président de la Métropole ce qui avait changé en dix ans dans l’univers politique. Alors qu’il s’apprête à baisser...
« Le numérique a tiré les choses vers le bas.
Tout le monde devient un peu politique. »
Quels autres points forts caractérisent-ils cette période dans la Métropole ?
« Notre contrat local de santé est l’un des plus anciens. On fait école au plan national. Je fais partie d’un groupe d’études dirigé par la ministre Agnès Buzyn pour travailler sur l’organisation de la santé. Chaque intercommunalité devra avoir son contrat de santé.
eeIl faut aussi mettre en avant la rénovation urbaine pour laquelle nous avons deux gros chantiers à Vandœuvre et à Laxou et l’énorme dossier Tiga Des Hommes et des Arbres, les Racines de demain. On a fait classer la forêt de Haye et j’ai confié à François Werner la gestion du parc de loisirs qui s’y trouve. On travaille avec l’ONF sur ce que nous voulons et pouvons faire pour les professionnels et le grand public sur la gestion de la forêt.
Dans le vallon de Bellefontaine attenant au massif de la forêt de Haye, il y avait un arboretum exceptionnel. Il a été abandonné par l’ONF. On va réfléchir et retravailler avec eux là-dessus.
J’ai fait une priorité de la culture scientifique et technique. Le Museum-Aquarium, le Musée du fer ont été rénovés. Le château de Montaigu jouxtant le Musée du fer est devenu maison des Illustres comme la Villa Majorelle et le château de Thorey Lyautey. »
Qu’est-ce qui est différent dans la manière de faire de la politique aujourd’hui ?
« Il faut aller voir les gens, leur parler. Il faut de l’humain. Dans les territoires, les gens qui sont élus forment-ils les plus jeunes ? On a une responsabilité plus grande qu’avant. Les idées changent très vite. Par contre, le socle des valeurs ne bouge pas beaucoup. L’homme s’intéresse toujours à sa famille, à ses enfants, à sa santé, à la manière dont il gagne sa vie.
Paradoxalement, à notre époque, il y a plein d’organismes et plus de désespérance. Les jeunes ne se tournent pas forcément vers la politique mais il faut qu’ils soient acteurs de leur avenir. Il y a le rôle des parents, de ce qu’on lit, de ce qu’on regarde à la télé. »
Comment voyez-vous le futur de la Métropole ?
« Il ne faut pas s’arrêter où nous sommes. Les maires doivent comprendre que ce n’est pas parce qu’on a fait métropole qu’on a atteint le nirvana. Il y a une compétition mais il faut arrêter de gémir. Il faut être fier de ce que nous sommes et nous avons des raisons d’être fiers. »
Vous avez des regrets ?
« On a toujours le regret de penser qu’on pouvait faire plus. J’ai le regret de ne pas avoir assez voyagé, notamment aux Etats-Unis. »
Vous ne regrettez pas d’avoir abandonné la médecine ?
« Je ne l’ai pas délaissée. J’en fais tous les jours. Je suis resté médecin. On observe d’abord avant d’ausculter. Il m’arrive de faire des diagnostics à distance. »
Pourquoi aviez-vous choisi de faire des études de médecine ?
« J’étais en terminale sciences expérimentales à l’époque au lycée Poincaré. J’avais des copains qui allaient faire médecine. Mon prof de sciences m’a dit “ne laisse pas tes copains s’envoler”. C’est lui qui m’a suggéré de faire ce choix. »
Et l’ORL ?
« J’enseignais l’anatomie. Quand j’étais externe, j’étais en maxilo-facial. J’ai choisi l’ORL parce que ça allait bien avec ce que j’avais appris. Ensuite, je me suis installé. J’ai opéré à la clinique d’Essey et à la clinique de l’Espérance à Laxou. »
Comment êtes-vous arrivé en politique ?
« J’ai été élu conseiller municipal en 1969. J’avais appris à connaître et à apprécier le sénateur Martin. Après il y a eu Claude Coulais et en 1983 j’ai grimpé l’escalier. J’ai bossé comme un fou.
J’appréciais Jean-Jacques Servan-Schreiber, non pour sa manière de faire de la politique mais pour sa vision des territoires et de l’Europe. C’était un personnage fulgurant. J’ai vécu en live son limogeage du gouvernement.
Ce qui m’a beaucoup formé, ce sont les deux gouvernements de cohabitation. En 1986, Jacques Chirac m’a dit “je te vois bien aux relations avec le parlement”. C’était la relation humaine modèle Chirac. Lors de la deuxième cohabitation, au ministère de la Fonction publique, j’ai beaucoup appris. Edouard Balladur était Premier ministre. J’ai côtoyé un personnage très subtil, très cultivé, très fin. »
Et François Mitterrand qui était président de la République ?
« On l’aimait ou on le détestait mais on ne pouvait pas l’ignorer. Il était plus humain qu’on ne l’imagine. »
Que sera pour vous la vie d’après ?
« D’abord faire attention à ma santé. Je recommence à marcher dans la ville, c’est le meilleur médicament. Je vais visiter un certain nombre de radicaux, aller un peu à Paris. A Nancy, j’aurai un bureau plus simple, rue des Quatre-Eglises, que je suis en train d’aménager. Je pense aussi voyager. Et si j’ai envie de pousser un coup de gueule, je le ferai. »
Vous craignez la rupture entre ce qui était votre quotidien aux commandes de la Métropole et la suite, forcément différente ?
« Je ne suis pas triste. Je pense qu’il y a un énorme travail à effectuer. J’ai fait ma part pour cette ville et pour la Métropole. Je suis lucide, la vie continue et tant qu’elle continue… C’est tellement précieux. La seule chose qui m’inquiète un peu politiquement par rapport à la Métropole, c’est qu’il y a une tentative de tergiverser, de remettre en cause. »
Un message à l’équipe suivante et à votre successeur ?
« La transition écologique, c’est chaud devant. Il faut agir rapidement, violemment. Je n’ai pas envie de finir comme l’Australie. Il faut que l’équipe devienne buldozzer sur la transition écologique. »