
Un rêve
Après seize années passées dans le fauteuil de maire de Woippy, ce dernier s’apprête donc à toucher du doigt ce que beaucoup considéraient comme un rêve. Bientôt, il occupera le bureau laissé vacant par Dominique Gros place d’Armes. Avec un souci premier : offrir à ses nouveaux administrés un cadre de vie plus sûr, car c’est en enfilant le costume de Monsieur sécurité, « ferme et juste », a-t-il précisé à l’envi, qu’il comptait convaincre les électeurs et chasser d’ailleurs sur le terrain du RN. Il faut croire que son discours a fait mouche, comme les noms figurant sur sa liste (Colin-Oesterlé, Khalifé Khalifé, Thil…) ont pu rassurer les Messins en quête de repères. Il y a fort à parier, également, que son alliance avec Béatrice Agamennone dans l’entre-deux-tours est à classer parmi les stratégies payantes car elle a contribué à adoucir son image d’homme de droite, une droite plutôt dure. Lui parlait d’une « ouverture au centre », ses adversaires d’une manœuvre politique. Le résultat de cette élection municipale à nulle autre pareille lui donne raison. « Une ville plus sûre », à grand renfort de vidéosurveillance, mais aussi « plus verte », « plus solidaire » : voilà les promesses de campagne de François Grosdidier. À lui maintenant de démontrer que ses actes passés, le travail qu’il a entrepris pour « redresser » Woippy, peuvent être dupliqués à l’échelle de la grande sœur. Metz, à laquelle il souhaite offrir un tout autre « rayonnement » et redonner un statut de capitale perdu à ses yeux. Pour ce faire, il compte notamment sur ce qu’il nomme sa « légitimité à Paris ». Sur son influence, donc, qui passera aussi par un autre succès électoral, au mois de juillet, à la Métropole. Mais à chaque jour suffit sa peine même si l’expression, en ce dimanche 28 juin, est plutôt mal choisie. De peine, il était naturellement question au QG de Xavier Bouvet ce soir. Le candidat écologiste et de gauche, inconnu du grand public il y a un an, a manqué d’un cheveu de faire sensation. Les électeurs ont toutefois porté un large crédit à sa candidature de renouvellement et quelque chose nous dit qu’au conseil municipal, il saura porter la contestation avec la hauteur de vue qui le caractérise.
Xavier Bouvet « prend acte » mais dénonce des irrégularités
La tête de liste Unis a retardé sa prise de parole. À côté de son QG, après 21h30, le visage fermé et suite à un long silence, Xavier Bouvet s’est exprimé très succinctement, avant de quitter les lieux peu après, très ému.« Je tiens à remercier les 10 000 électeurs qui ont voté pour nous et ont reconnu l’urgence écologique et citoyenne. Nous prenons acte de la défaite. » Le désormais ancien candidat regrette » six ans de perdus pour Metz « et dénonce de nombreuses « irrégularités » durant la tenue de ce second scrutin, « visibles sur les registres » et donc « consultables ». Concernant désormais sa place dans l’opposition à la nouvelle municipalité, « on verra bien ». Pour l’instant, aucune annonce claire concernant un futur recours.Françoise Grolet : « Un déni de démocratie »
« L’abstention est le problème le plus préoccupant de cette élection. Sept messins sur dix ne sont pas allés aux urnes. Des électeurs qui baissent les bras, c’est inquiétant. Ils portent au pouvoir un homme qui a soutenu le communautarisme, qui a été mis en examen… et qui a tendu la main à LREM. Nos électeurs ne se sont pas déplacés pour toutes ces raisons. Nous voulions que ces élections soient reportées. C’est un déni de démocratie. Je serai une opposante déterminée . »