Assemblée nationale. « On ne va pas jouer les cadors », lance Thibault Bazin

Le député de la 4e circonscription de Meurthe-et-Moselle Thibault Bazin fait le point sur la place que devra prendre la droite républicaine à l'Assemblée nationale.

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N’allez pas dire au député de la quatrième circonscription qu’il a joué les ex-LR utiles au camp macroniste. Dans une élection à trois tours pour un poste stratégique certes, mais qui ne conditionne pas la vie du pays, il estime que le positionnement de la droite républicaine n’est pas acrobatique. Serait-il un homme lisse ? Qu’on ne s’y méprenne, Thibault Bazin sait très bien où il veut aller et avec qui.

S’il n’a pas encore acquis la notoriété nationale de Laurent Wauquiez, il commence à être connu pour sa liberté de ton et sa facilité à s’affranchir des mots d’ordre de son groupe, s’il les estime contraires à ses convictions et à l’intérêt de tous. D’ailleurs la manière dont il sillonne le territoire dont il est le représentant à l’Assemblée, le prouve : les sentiers pentus sont à sa mesure.

Finalement vous avez contribué à hisser à nouveau Yaël Braun-Pivet au perchoir ?

« Au premier tour nous avions un candidat mais quand vous savez qu’il ne peut pas être élu, comme cela a existé dans beaucoup d’institutions, il y a parfois des désistements parce que faute de pouvoir faire passer notre candidat idéal, on souhaite que le moins pire soit élu. Si j’avais voté pour le candidat du RN ou celui du Nouveau Front populaire, je pense que vous auriez été davantage surpris, non ? »

Est-ce que cela signifie que la porte à une majorité relative est ouverte ?

« Il faut rester très humble et très prudent. Chaque élection a sa propre question. Est-ce qu’il y avait des textes en débat ? Non. Est-ce qu’il y avait une orientation politique de structurée ? Il n’y a même pas eu de discours des différents candidats ni de lettre de leur part. C’était plutôt l’incarnation de la présidence de l’Assemblée avec peut-être une découverte pour certains. Ceux qui avaient dit avoir gagné ne sont peut-être pas majoritaires en courant de pensée dans l’hémicycle.

Vous savez, personne n’est majoritaire. Je pense que c’est une prise de conscience : finalement le RN est à 140 et quelques, le Nouveau front populaire à 190 et quelques, et ceux qui ne sont ni Front populaire ni RN sont un peu plus nombreux mais ils portent des sensibilités différentes. Ces calculs-là, on pouvait les faire avant. C’est un appel à être plus prudent. Personne n’a obtenu de majorité claire et l’on voit bien que ce n’est pas forcément ceux qui ont crié le plus fort qui sont les plus nombreux. »

Quel rôle peut désormais jouer la Droite républicaine ?

« Nous, nous sommes complètement en reconstruction. Je pense qu’il faut un gouvernement très humble, très modeste, qui connaît les sujets et qui arrive devant un Parlement qui peut être renforcé au lieu d’être bloqué. Nous, nous ne souhaitons pas qu’il soit bloqué. Comme le gouvernement n’aura pas de majorité absolue, je ne pense pas qu’une personnalité fortement marquée politiquement soit la mieux à même de rassembler le plus grand nombre dans la situation actuelle. De notre côté nous sommes peu nombreux. Nous sommes un groupe charnière, on l’a prouvé jeudi mais nous avons notre identité propre. Je pense qu’il faut plutôt s’inscrire à moyen terme. On ne va pas faire les cadors en disant que nous sommes les plus forts.

On a bien vu que nous n’étions pas en situation de conquérir la présidence de l’Assemblée nationale. Il faut être modeste, on vient de très loin, nous devons nous reconstruire. De là à demander des postes… il faut éviter le blocage pour engager le travail parlementaire. Essayons d’être influents pour que ça travaille sur des sujets importants. C’est ce que nous essayons de faire en prenant toute notre place dans l’Assemblée. Je pense que les gens attendent qu’on bosse. Il faut répondre aux défis qui sont devant nous. Il faut un budget, ça ne sera pas possible de raser gratis, il y a une question de pouvoir d’achat à traiter avec des mesures concrètes. C’est ce que les citoyens nous demandent. »