La réintroduction d’un animal captif dans son milieu naturel constitue un fait rare, au parc Sainte-Croix de Rhodes. Jeudi 18 avril, il a eu lieu : un vautour né il y a tout juste un an a été capturé, pour mieux être libéré en Bulgarie, un pays où le charognard est en voie de disparition.
Vers le ciel bulgare
Le vautour à attraper, lui, est en parfaite santé : il est né naturellement, sans couveuse, et a été élevé par sa mère dans l’environnement du parc. Un petit miracle qui semble tenir de la philosophie « made in Sainte-Croix » : « On n’apprivoise pas nos animaux, ils restent entre eux », confie Marc Quessada. « En ne les imprégnant pas de l’homme, on valorise leur comportement naturel. » Seul écart de conduite, le dépôt de quelques matériaux dans l’enclos. Pour leur permettre de construire un nid… et l’idée d’un petit. Devant l’épuisette brandie par le chef animalier, le jeune vautour né de cette opération ne s’envole pas plus que ses congénères, malgré sa forme olympienne. « On l’a rémigé, ce qui signifie qu’on lui a coupé quelques plumes pour éviter qu’il ne s’envole. »Attrapé en douceur, le rapace se laisse porter dans les bras du soigneur. Il est pesé puis mis en cage, où il gratte, tape et s’agite avant de se calmer à nouveau. « Après le zoo de Mulhouse et un laboratoire de soin à Millau, il rejoindra une volière de réadaptation avant d’être relâché dans la nature, en Bulgarie. » Dans un an, Marc Quessada ressortira son épuisette : un nouveau vautour est né cette année au parc Sainte-Croix, le 24 mars. Il devrait suivre le même chemin que son aîné, vers le ciel bulgare. « Si la naissance et la croissance d’un premier petit se déroule bien, il y a de bonnes chances pour que cela se reproduise », s’enthousiasme le chef animalier. En attendant l’année prochaine, les « grosses poules » peuvent dormir tranquilles.
Cet article est paru le 26 avril dans l’hebdomadaire La Semaine n° 369. Pour lire le journal dès sa parution, abonnez-vous !